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ESCE | “Faut-Il Vraiment Faire Peur Pour Renforcer Les Comportements Responsables ?” par Andrés Davila et Mathieu Molines

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analyse
crise
10 Jul 2020
10 Jul 2020

De la responsabilisation en Suède aux confinements extrêmes comme en Chine, les réponses adoptées varient fortement d’un pays à l’autre. Quelle est la meilleure méthode ? Par Andrés Dávila, Mathieu Molines et Maxime Regis.

Dans le contexte où les nouvelles mesures pour protéger les Français durant le déconfinement viennent d’être annoncées, une équipe de chercheurs a lancé début avril une étude à grande échelle pour chercher à comprendre les clés pour renforcer les comportements responsables.

Une étude internationale sur l’adoption des bons comportements

Plusieurs pays, dont la France, ont mis en œuvre des mesures drastiques comme le confinement à domicile, la distanciation sociale, le télétravail ou encore la fermeture des commerces. Au-delà de ces mesures, les individus sont fortement encouragés à adopter des comportements spécifiques pour limiter les risques de contamination.
Dans ce contexte, une équipe internationale et la start-up Praditus ont mis à disposition du grand public une enquête grâce à une application mobile de connaissance de soi. Le but est de comprendre les mécanismes qui facilitent les comportements de protection face au COVID-19 pour mieux accompagner la population pendant et après la crise.

Les 8200 répondants (69% de femmes) sont répartis sur une centaine de nationalités et quatre catégories socio-professionnelles : étudiants (39,3%), salariés (38,5%), sans-emplois (14,2%) et indépendants (8,0%).

Se concentrer sur les croyances vis-à-vis du Covid-19

Le succès des campagnes de santé publique (par exemple dans la prévention liée au dépistage du VIH) s’explique en partie par la capacité des pouvoirs publics à influencer les croyances des individus quant à l’efficacité des « bons comportements ». Ainsi, les croyances de la population ont été étudiées au regard de plusieurs thèmes : la menace perçue face au Covid-19 et l’efficacité perçue des actions pour faire face au risque de contamination. Les comportements de protection à l’égard de la pandémie sont analysés : (1) respecter les obligations émises par les pouvoirs publics (2) prendre des précautions sanitaires (porter un masque, appliquer la distanciation sociale, se laver les mains et rester confiné-e), (3) inciter les gens à suivre les règles.

Le Covid-19, une menace perçue comme grave

La menace perçue réside dans la croyance des individus en leur potentielle contamination par le Covid-19 (ex de question : indiquez votre niveau d’acquiescement sur la phrase « Les personnes comme moi n’attrapent pas le Covid-19 »). Elle est évaluée sous l’axe de la gravité perçue et la sévérité physique estimée en terme de conséquences sur sa propre santé. La vulnérabilité fait référence au risque de développer un problème majeur de santé. Selon l’étude, la menace est réelle pour environ 70% des personnes dans toutes les catégories socio-professionnelles avec une intensité plus marquée pour les sans-emploi, les indépendants et les femmes…

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