Menu

INSEEC GE | Pétrole : quel avenir après le coronavirus ?

crise
mondialisation
pétrole
20 Mai 2020
20 Mai 2020

Trois mois après l’apparition des premiers cas en Chine, cette pandémie a provoqué un changement important dans le monde entier sur nos modes de vie, les systèmes économiques mondiaux, les marchés financiers et les marchés pétroliers également. L’impact principal du COVID-19 sur les marchés pétroliers est basé sur son exposition aux chocs de l’offre et de la demande en même temps. Le prix du pétrole, qui était de 63,05 dollars le baril le 30 décembre 2019, est tombé à 11,58 dollars le baril le 22 avril 2020. Dans ce cadre, l’analyse de la dynamique des marchés pétroliers pendant cette période de propagation permettra de mieux comprendre les relations complexes qui caractérisent ce marché et de discuter des perspectives de l’industrie pétrolière pour le second semestre de 2020.

DE LA CRISE SANITAIRE A LA CRISE PÉTROLIÈRE

L’article fondateur de Hamilton (1983) a établi une relation entre le marché du pétrole et l’économie réelle. Théoriquement, cette relation est modélisée par plusieurs canaux, l’évaluation des stocks, les mesures monétaires et fiscales, la production et l’incertitude.

La crise du COVID-19 a eu un impact sur l’économie réelle ainsi que sur les marchés financiers en affectant la production et la valorisation des stocks, avec une réduction sans précèdent de la mobilité des travailleurs, des touristes, du commerce et des transports, ce qui a conduit à un effondrement général de la demande pétrolière. En plus de ce choc de demande, le marché pétrolier a également subit un choc de l’offre. La proposition saoudienne de réduction de l’offre de pétrole a été rejetée par la Russie, ce qui a conduit les Saoudiens à inonder le marché par une augmentation de la production de pétrole.

Ces chocs de l’offre et de la demande ont généré des tensions sur les marchés financiers. Le niveau élevé d’incertitude, auquel fait écho le sentiment de nervosité du marché, a également vu le récent rallye spectaculaire des obligations d’État américaines, les rendements à 10 ans étant passés de 1% à 0,4%. Le surcroit de demande peut s’expliquer par la recherche des investisseurs des produits peu risqués en privilégiant les investissements institutionnels. Il faut ajouter à cela l’effet du marché des actions sur le marché du pétrole, en particulier dans le contexte d’incertitude et d’une anxiété croissantes du sentiment du marché. Ce sentiment négatif vis à vis du marché pétrolier a conduit à des anticipations pessimistes portant sur la demande de pétrole, ce qui a provoqué une fuite des stocks d’énergie et entrainé une nouvelle baisse des prix.

PERSPECTIVES DE L’INDUSTRIE PÉTROLIÈRE

Au cours du premier trimestre de l’année, la demande chinoise de pétrole a connu une baisse significative en raison des mesures de confinement, alors que l’économie s’est lentement arrêtée. Dès le début du mois de mars, l’Italie s’est complétement enfermée, la France a entamé le confinement le 17 mars; ce confinement devrait durer au mois jusqu’au mi-mai, pour les deux pays. Aux États-Unis, entre la mi-mars et le début du mois d’avril, certains États ont commencé à prendre des mesures drastiques, tandis que d’autres États ont adopté une approche plus limitée. Une réaction similaire a été adoptées par l’Inde le 25 mars. Dans un scénario optimiste, on s’attend à ce que le confinement se poursuive dans certains pays importateurs de pétrole clés jusqu’en juin au moins…

Dernières actualités

En voir plus