Menu

INSEEC GE | Résultats de l’enquête « Télétravail et confinement : quel impact sur les travailleurs ? »

société
enquête
teletravail
10 Juin 2020
10 Juin 2020

Résultats de la 1re phase de l’enquête

Télétravail et confinement : quel impact sur les travailleurs ?

 

Paris, le 9 juin. – En pleine crise sanitaire et dans un climat particulier où le passage massif des travailleurs en télétravail est devenu la norme, une enquête en ligne a été menée conjointement par la Chaire Management et Santé au Travail de l’INP Grenoble IAE, INSEEC U., le CERAG et l’Université Grenoble Alpes autour de la question suivante : « Quelles conditions de travail et d’exercice du management en télétravail confiné ? ».

Cette enquête* est le résultat d’un consortium de chercheurs formé de : Emmanuel Abord de Chatillon (Chaire Management et Santé au Travail, CERAG, INP Grenoble IAE, Université Grenoble Alpes), Clara Laborie (INP Grenoble IAE, Université Grenoble Alpes), Damien Richard (Chaire Management et Santé au Travail, INSEEC U.) et Annick Valette (Chaire Innovations Organisationnelles en Santé, CERAG, INP Grenoble IAE, Université Grenoble Alpes). Elle constitue la première phase d’une enquête plus globale – qui comprendra deux autres étapes – permettant d’évaluer l’impact sur la manière de travailler mais aussi de penser le travail et son management.

*L’enquête a été réalisée pendant la seconde période du confinement, du 9 avril au 9 mai 2020 auprès d’un échantillon de 1339 réponses reçues émanant essentiellement de cadres, d’employés et de personnes appartenant à des professions intermédiaires.

 

Le basculement rapide au télétravail

Si le télétravail constitue la modalité principale du travail pendant la période de confinement, les chercheurs ont voulu mesurer le chemin qui a été parcouru en très peu de temps. Seuls 28 % des répondants pratiquaient le télétravail avant le confinement au moins un jour par semaine. Et seulement 2,3 % d’entre eux télé-travaillaient d’une manière systématique. Il y a donc bien eu un choc du confinement qui a produit un bouleversement en matière de développement du télétravail puisque près de 70 % des répondants ont déclaré avoir une pleine activité en télétravail et 94% le pratiquent à temps plein ou de manière partielle.

Cette période révèle ainsi que beaucoup de personnes peuvent télétravailler au moins d’une manière partielle. D’ailleurs, parmi les deux tiers des répondants qui sont en pleine activité de télétravail, plus de 36 % n’avaient jamais télétravaillé. La situation de confinement est donc tout à fait particulière, elle a permis de révéler des capacités de travail à distance qui étaient jusque-là sous-estimées.

 

Le stress, un facteur du confinement ? 

Aussi surprenant que cela puisse paraître, ce sont ceux qui sont habitués au télétravail qui stressent le plus : “j’ai tout pour bien télétravailler, mais je ne trouve pas sain de le faire en continu”. Le contraire est également vrai pour ceux qui découvrent le télétravail et qui ont le niveau de stress le plus faible invoquant « le confort de ne pas partager le bureau avec des collègues bruyants », ou de faire l’expérience de « la tranquillité d’esprit et l’organisation personnelle qui permet de travailler dans un environnement rassurant ». Il apparaît que certains métiers ont été plus exposés au stress : la comptabilité, les ressources humaines, le marketing & communication ou encore l’enseignement et le commerce.

Il apparaît alors que la rupture par rapport à l’activité antérieure crée à la fois de la tolérance de la part de l’organisation et un effet d’enthousiasme qui permet de limiter les effets stressant d’une nouvelle activité.

 

Des conditions de télétravail plutôt correctes

Les particularités de la période du confinement ont conduit les travailleurs à tenter de réaliser à distance ce qu’ils estimaient important lorsqu’ils étaient dans les locaux de l’entreprise. Comme si leurs besoins en télétravail étaient les mêmes que ceux liés au lieu de travail, alors qu’ils sont probablement bien différents.

Parmi ceux-ci, l’essentiel est dans un premier temps d’améliorer les conditions logistiques de travail : une meilleure connexion, des outils bureautiques performants et un espace de travail adaptés. Les organisations se sont manifestement plutôt bien adaptées au télétravail puisque l’accès à l’interface logicielle habituelle a été possible à plus de 87 % même si les répondants soulignent de nombreux soucis techniques.

Quels sont les avantages du télétravail ? Selon 42 % des répondants, la principale considération est avant tout logistique, permettant un formidable gain de temps grâce à la suppression des trajets. Le second atout du télétravail est la qualité de la situation de travail : le calme et la concentration sont là (40%). Et le temps passé au travail apparaît plus efficace.

Et les inconvénients ? Il apparait que le principal inconvénient est la difficulté à se déconnecter du travail. Le manque de lien physique est également souligné par les personnes interrogées (61%), même si les outils numériques ont permis de poursuivre les échanges.

 

Et le manager dans tout ça ?

Le confinement a-t-il modifié les grandes dimensions de la relation managériale ? En moyenne, la perception de ce que fait le manager reste globalement stable avant et pendant le confinement. Même si les managers sont perçus comme un peu moins attentifs et participatifs. Les salariés souffrent non des excès ou de l’omniprésence du management mais plutôt, à l’inverse, de son absence ou de son côté désincarné par la multiplication des instruments de gestion.

 

Quel avenir pour le télétravail post-confinement ?

Malgré cette situation de test brutale, cette période difficile ne conduit pas à un rejet du télétravail. Au contraire, globalement parmi les personnes interrogées, nombreuses sont celles qui souhaitent plus de télétravail à l’avenir. En moyenne, plus de deux tiers des répondants ont envie de plus télétravailler.

Avec la crise sanitaire et le confinement forcé (et le déconfinement et ses aléas), les modes et les lieux de travail se transforment. La règle qui semble prévaloir ne sera plus celle de l’unité de lieu, de temps et d’action mais celle du bien-être et de l’efficacité de l’employé (environnement de travail, flexibilité, outils digitaux…).

Cette crise du Covid-19 a apporté la preuve qu’il était possible, en quelques semaines, de suspendre partout dans le monde un système économique perçu comme impossible à ralentir (TINA : “There is no alternative.”). Et si cette pause soudaine imprévue dans le système de production globalisé était l’occasion d’une grande mise à jour du travail, de son organisation et de son management ? En tout cas, le télétravail a prouvé qu’il peut constituer une brique de résilience dans ce processus de transformation du travail et de l’activité productive.

 

****************************

À propos d’INSEEC U.

INSEEC U. est une institution privée d’enseignement supérieur et de recherche pluridisciplinaire en Management, Sciences de l’Ingénieur, Communication & Création et Sciences politiques. Implantée à Paris, Lyon, Bordeaux, Chambéry-Savoie, Londres, Genève, Monaco, San Francisco, Shanghai et Abidjan, elle forme chaque année 28 000 étudiants et 5 000 cadres. Acteur majeur du paysage éducatif français, INSEEC U. propose un nouveau modèle d’enseignement capable de relever les défis posés par les transitions économiques, digitales, organisationnelles, environnementales et sociétales. En prenant appui sur une recherche ancrée dans les réalités du monde contemporain et une capacité de prospective, sa proximité avec les entreprises et un réseau international, en mobilisant tous les talents et toutes les disciplines, en donnant à ses équipes, animées par la même passion pour la transmission, la liberté d’entreprendre et de concevoir de nouvelles méthodes d’apprentissage et des parcours porteurs pour l’avenir de ses étudiants, INSEEC U. déploie une force d’innovation au service de toutes les réussites.

Paris – Lyon – Bordeaux – Chambéry-Savoie

Genève – Monaco – Londres – San Francisco – Shanghai – Abidjan

 

Contact presse
Karin Tabouret, Directrice communication corporate
ktabouret@inseec.com – 01 47 20 97 91 / 06 32 19 54 87

Dernières actualités

En voir plus