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INSEEC GE | Covid-19 : la science, grande oubliée dans la prise de décision politique

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science
santé
13 Mai 2020
13 Mai 2020

Anne-Laure Boncori, Philippe Naccache et Julien Pillot, enseignants-chercheurs au sein de l’INSEEC Grande École, se questionnent sur la façon dont le gouvernement, dans un contexte de publication en temps réel de données scientifiques et d’indications sanitaires, a pris une série de (non) décisions. Un article signé The Conversation.

« Nous ne pensons pas, comme certains utilisant à outrance les “yakafokons”, que nous aurions pu prendre d’autres décisions que celles prises par l’exécutif au vu des connaissances scientifiques, ou plutôt du manque de connaissances scientifiques, sur le virus ».

La déclaration de la députée Laure de la Raudière, le 28 avril 2020, à l’occasion du débat parlementaire à l’Assemblée nationale qui a suivi la déclaration du gouvernement relative à la stratégie nationale de déconfinement, met l’accent sur la façon dont la décision politique peut, et doit, s’appuyer sur l’état de l’art scientifique.

Un tel dialogue entre la communauté scientifique et les pouvoirs publics apparaît d’autant plus important dans un contexte de crise sanitaire ayant abouti à un confinement général de la population, dont la conséquence la plus immédiate a été de mettre tout un pan de l’économie à l’arrêt, générant des coûts directs, et des répercussions de long terme des plus incertaines.

Parce que jamais une gestion d’une crise sanitaire ne semble avoir eu pareille incidence économique, il nous semble particulièrement opportun de questionner la rectitude de ces propos et de nous intéresser à la façon dont le gouvernement, dans un contexte de publication en temps réel de données scientifiques et d’indications sanitaires, a pris une série de (non) décisions qui ont in fine débouché sur ce décret organisant le confinement de la population.

Nous posons en creux la question de l’efficacité de l’action publique et de la place accordée à la science dans la prise de décision politique.

Asymétrie informationnelle

 

Pour réaliser ce travail, nous partons du postulat selon lequel le gouvernement a eu à prendre des décisions en situation d’asymétrie d’information, en cela qu’il ne disposait que des informations disponibles publiquement, et que celles-ci ne sont pas nécessairement complètes. Le caractère inédit de la menace sanitaire plaçait les acteurs en situation de relative méconnaissance, mais il ne peut être exclu d’emblée que certains acteurs étaient mieux informés que d’autres.

Ce postulat nous paraît d’autant plus robuste que, d’une part la pandémie a pris ses racines en Chine qui est suspectée d’avoir fait de la rétention d’information quant à l’ampleur de la crise, y compris auprès de sa population, tout en bâillonnant les lanceurs d’alerte (elle vient d’ailleurs de relever de 50 % le nombre de décès) ; et que, d’autre part, la pandémie concerne un virus nouveau (Sars-Cov-2) qui déclenche une pathologie elle-même nouvelle (Covid-19), pour laquelle le savoir médical reste largement à découvrir…

 

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