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« Il n’y aura pas de relocalisation massive en France » Thomas Zeroual

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14 Déc 2020
14 Déc 2020

La fragmentation de la production internationale et l’extrême complexité pour une entreprise d’ajuster ses sources d’approvisionnement rendent illusoire le 100 % made in France, écrit l’économiste Thomas Zeroual. Seule une relocalisation nationale partielle, combinée à une production européenne renforcée semble plus crédible. Et encore.

 

La crise du coronavirus bouscule nos repères collectifs et individuels. Pour préparer et mieux vivre l’après-pandémie, de nombreuses initiatives politiques émergent et parmi elles, la volonté de relocaliser la production. Si l’idée est séduisante, la mettre en œuvre semble plus complexe.

Une production mondiale fragmentée

Quand un bien et/ou un service est acheté par un consommateur, une série d’étapes plus ou moins complexe est préalablement nécessaire. A minima, on pense à la conception, la production et la livraison. La notion de chaîne de valeur représente l’ensemble de ces activités économiques.

Depuis les années 1990, cette chaîne de valeur implique de plus en plus de pays différents. Un indicateur permet de suivre cette évolution : la part des importations dans les exportations. Au niveau mondial, cette part était de 20 % en 1990 et passerait à 60 % en 2030 selon les prévisions de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Les prévisions sont certes à prendre avec précaution. Il est possible de confirmer cette tendance de la fragmentation avec un autre indicateur : la part des biens intermédiaires dans le commerce mondial et notamment la part des pièces et composants. Cette part a elle aussi progressé et tend à se stabiliser. La fragmentation a bel et bien eu lieu, elle ne régresse pas et a minima, elle semble aujourd’hui atteindre un plateau.

Plusieurs déterminants ont favorisé cette fragmentation. Sans prétention à l’exhaustivité, nous pouvons citer la baisse des coûts de transport ; la baisse des coûts des télécommunications; la diminution des barrières tarifaires ; plus récemment, le développement des technologies de l’information et de la communication qui améliorent la coordination des activités économiques sur l’ensemble de la chaîne de valeur.

Les firmes multinationales, acteurs emblématiques de ces chaînes de valeur mondiale, se sont alors développées. On peut évaluer leur présence à l’aide des investissements directs à l’étranger (IDE) : de 2 à 4 % au début des années 1970, les flux d’IDE sont en hausse depuis le milieu des années 1980 et se stabilisent aujourd’hui entre 8  et 12 %. L’ensemble de ces flux s’accumule, faisant évoluer le stock d’IDE d’environ 5% du PIB mondial au début des années 1980 à 35% en 2015…

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