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« Direction Administrative Et Financière : La Blockchain Change La Donne ! » Eric Braune

17 Déc 2020
17 Déc 2020

La comptabilité en partie double a été développée il y a près de 600 ans. Son principal objectif est de rendre compte de l’ensemble des flux entrants et sortants de l’entreprise. Logiquement, au lieu de tenir un seul grand livre, le comptable en tient deux : un pour les entrées et l’autre pour les sorties. Toutefois, il est couramment admis que cette méthode comptable manque de transparence et autorise quelques manipulations dont les investisseurs, les prêteurs et l’Etat sont les principales victimes. Par Pascal Montagnon, Directeur Chaire de recherche Digital, Data Science et Intelligence Artificielle de INSEEC U et Eric Braune, Professeur Associé INSEEC U.

L’introduction de la blockchain constitue un moyen de dépasser les limites associées à la comptabilité en partie double. Beaucoup parlent déjà de comptabilité en partie triple. Il est peut-être temps de se familiariser avec cette technologie peu coûteuse et dont les avantages apparaissent nombreux.

 

En termes simples, la blockchain est une technologie de stockage et de transmission d’informations, permettant la constitution de registres répliqués, distribués, sécurisées et structurées par des blocs liés les uns aux autres. Les champs d’application de la blockchain dépassent de très loin le seul domaine des crypto monnaies. Les intérêts liés à sa mise en œuvre dans les services financiers et comptables des entreprises méritent d’être soulignés.

La blockchain : une comptabilité en partie triple

En comptabilité, la blockchain fait référence à un grand livre numérique décentralisé et réparti entre différentes organisations ou entités juridiques dans le but de garantir la sécurité, la fiabilité et la transparence de l’information comptable.

Le concept central de la blockchain est celui de registre distribué, appelé aussi Distributed Ledger Technology (DLT). Chaque nœud de connexion au registre distribué représente une entité économique ou une organisation. La combinaison de ces nœuds compose un réseau de pair à pair. Chaque nœud possède une capacité d’enregistrement des transactions liant l’entité considéré aux autres nœuds du réseau. La validation de la transaction par les contreparties conduit à une synchronisation instantanée des comptes des différentes entités engagées par la transaction.

Chaque transaction dans la blockchain est alors automatiquement intégrée, sécurisée par un scellement numérique. Tout modification qui pourrait intervenir ultérieurement est immédiatement notifiée aux contreparties rendant ainsi toute opération de falsification ou de fraude impossible.

Plus précisément, la Blockchain permet de relier les grands livres des entreprises entretenant des flux d’affaires matérialisés par des contrats intelligents (smart contacts). Les contrats intelligents sont des programmes autonomes qui, dès leur lancement, déroulent toutes les opérations dans les conditions qui ont été prédéfinies et mentionnées dans la blockchain par les initiateurs du dispositif. Les smart contracts vont encadrer toute la relation contractuelle avec les tiers de l’entreprise. Par exemple, vis-à-vis d’un client, le smart contract s’active à partir de la signature du contrat en passant par la validation de la prestation réalisée et jusqu’à la facturation. Les smart contrats garantissent l’application des contrats passés entre les parties, non plus de jure, mais grâce à un programme informatique contrôlant en temps réel le respect des termes de l’accord. Chaque transaction passée dans le cadre du contrat intelligent fait l’objet d’une écriture cryptée, un bloc, lié à un nombre prédéfini de blocs précédents. Les informations contenues dans chacun des blocs sont vérifiées avant que le bloc soit ajouté à la chaîne. Dans la blockchain, chaque entité possède un enregistrement complet de l’ensemble des transactions, et chacune d’entre-elle doit être approuvée par les contreparties. Cette caractéristique confère à la plupart des blockchains un caractère inviolable ; le contenu des blocs ne peut pas être révisé par les utilisateurs, et la chaîne ne peut pas être modifiée une fois le bloc approuvé et ajouté. La chaîne se propage dans une direction chronologique. À tout moment, les utilisateurs ont accès à l’entièreté de celle-ci.

Par conséquent, La blockchain facilite l’enregistrement puis le stockage de valeurs de référence ainsi que la transmissions d’un nombre important de données de manière transparente. De plus, le recours aux smart contracts éloignent toutes intervention humaine et ainsi bien des risques de manipulations. Chaque transaction, dès son enregistrement sur la chaîne, est associée à la précédente opération et chaque bloc de chaîne est alors contrôlé par de multiples intervenants en fonction d’un mécanisme de consensus distribué rendant ainsi l’enregistrement définitif, protégé et non modifiable…

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